Qu’est-ce qui vous a d’abord attiré vers la médecine vétérinaire?

Je suis un cas typique : enfant, j’étais passionnée par les animaux, et quelqu’un m’a offert les livres de James Herriot quand j’étais à l’école primaire; depuis, je rêve de devenir vétérinaire. Au fil de mes études, à mesure que j’acquérais des connaissances et de l’expérience, j’ai pu constater l’impact qu’un vétérinaire pouvait avoir et j’ai pris conscience de l’importance des vétérinaires au sein d’une communauté d’amoureux des animaux de compagnie.

Qu’est-ce qui surprendrait les gens dans votre travail?

Quelle paperasse! Je doute que quiconque se soit orienté vers la médecine vétérinaire par amour de la rédaction de dossiers médicaux, mais tenir des dossiers médicaux de qualité est un aspect essentiel de toute fonction clinique en médecine vétérinaire.

Y a-t-il une affaire ou un moment de votre carrière qui vous a particulièrement marqué?

Il y en a d’innombrables. J’exerce depuis 17 ans et j’ai passé beaucoup de temps en médecine d’urgence ainsi que dans des cabinets en milieu rural et isolé. Il y a des cas qui m’ont marqué parce qu’ils étaient uniques, des moments qui m’ont marqué parce qu’ils étaient déchirants, et des cas dont je me souviens parce que la situation était extrêmement frustrante.

Un des premiers exemples qui me vient à l’esprit, c’est lorsque j’ai diagnostiqué un ver géant du rein chez un chien – un parasite que l’on ne trouve généralement pas à Terre-Neuve – et, comme les options étaient limitées à Terre-Neuve à l’époque et que les propriétaires ne voulaient pas quitter l’île, j’ai dû pratiquer l’intervention chirurgicale pour retirer le rein infesté. Il est difficile d’exprimer avec des mots ce qu’a été cette intervention – c’était une occasion tellement inattendue, et tout simplement incroyablement géniale. C’est sans doute l’anecdote que je raconte le plus souvent quand on me demande « la chose la plus géniale que j’ai faite », mais les patients et les clients qui sont restés gravés dans mon cœur sont légion.

Comment se déroule l’exercice de la profession dans (votre province)? En quoi la région influe-t-elle sur le travail des vétérinaires qui y exercent?

L’exercice de la profession à Terre-Neuve-et-Labrador présente certains défis. Terre-Neuve étant une île, dont le seul accès au continent se fait par traversier ou par avion (aucun des deux n’étant très fiable), et les collectivités du Labrador étant assez isolées et situées à une longue distance en auto de tout grand centre urbain, les soins de référence ne sont souvent pas accessibles aux clients. Il existe des services de référence limités à St John’s, ce dont nous sommes très reconnaissants, et la télémédecine permet certes un accès supplémentaire, mais nous sommes souvent confrontés à des situations où les soins peuvent être techniquement envisageables, mais où, d’un point de vue logistique, ils ne sont pas accessibles pour un animal de compagnie. Les services d’urgence peuvent également être limités — les gardes et les interventions d’urgence font partie, dans une certaine mesure, de toutes les pratiques générales dans cette province.

Bien que cela puisse parfois être frustrant, cela permet également aux vétérinaires qui travaillent dans cette province de vraiment mettre leurs compétences à l’épreuve et d’avoir l’occasion de réaliser des interventions et des chirurgies qu’ils n’auraient peut-être pas eu à apprendre s’ils avaient travaillé dans un endroit où les services de référence et d’urgence sont plus facilement accessibles. Pour ceux qui aiment relever des défis et élargir leurs compétences, cela peut être une situation enrichissante.

Dr. Maggie Brown Bury